Montréal, le 16 juillet 2014 – L’épidémie de fièvre Ebola qui sévit depuis maintenant cinq mois en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia a affecté 844 personnes causant la mort de 518 d’entre elles*. Le 23 juin, l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a qualifié l’épidémie comme étant « hors de contrôle ». Sur le terrain en Afrique de l’Ouest, ses équipes livrent une véritable course contre la montre afin d’éviter que le virus ne fasse encore davantage de victimes, en plus de composer avec la peur qui croît sans cesse au sein des populations touchées.

Sans parler de la stigmatisation des malades et même des survivants. Dans certaines régions, ces derniers et leur famille se font bannir des villages. D’autres malades se cachent carrément. Récemment, 40  nouveaux cas ont été découverts dans l’est de la Sierra Leone. Ce qui fait dire à MSF que les cas recensés jusqu’à maintenant ne représentent que « la partie visible de l’iceberg ».

Urgence à détecter les malades
La souche Zaïre du virus Ebola qui sévit actuellement est mortelle dans 25 à 90 % des cas, mais si les malades reçoivent un traitement dès les premiers signes de la maladie, ils ont de meilleures chances de survie. D’où l’importance d’agir rapidement en matière de prévention, d’information et de sensibilisation.

« Il faut savoir qu’il n’existe aucun vaccin, ni traitement spécifique à la maladie, que des traitements de support. La meilleure arme pour éviter la propagation du virus actuellement est l’application de mesures de prévention, soit d’informer et de sensibiliser les populations sur quelles sont les précautions à prendre pour éviter les contacts avec les malades ou les personnes décédées du virus lors des rituels funéraires, de les encourager à signaler les cas, etc. Ils doivent aussi s’allier avec les leaders locaux afin de bien faire passer leur message auprès des gens », explique le Dr Jean Vincelette, médecin à la Clinique Santé-voyage de la Fondation du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), microbiologiste, infectiologue et professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Ce dernier  souligne aussi que cette épidémie est particulière par son ampleur puisque plusieurs foyers du virus ont été recensés. Habituellement, le foyer épidémique se concentre à un seul endroit. Cela a considérablement compliqué le travail des équipes sur le terrain. « La multiplication des voyages entre ces régions a notamment pu être un facteur de propagation, favorisant la mise en place de plusieurs foyers infectieux. Ce qui a dépassé les capacités de contrôle des travailleurs internationaux puisqu’ils devaient agir sur plusieurs fronts », indique-t-il.

Pour les voyageurs
L’Agence de la santé publique du Canada livre essentiellement des conseils de prévention pour les voyageurs ayant à se rendre dans l’une des régions où le virus est en activité :

–       Éviter tout  contact direct avec le sang ou les liquides corporels d’une personne ou d’un cadavre infecté par le virus Ebola
–       Éviter également tout contact avec un animal soupçonné d’avoir le virus Ebola
–       Consulter immédiatement un médecin dès les premiers signes de maladie

Le Dr Vincelette invite aussi les voyageurs à consulter les experts de la Clinique Santé-voyage de la Fondation du CHUM afin de recevoir les conseils préventifs nécessaires.

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* Selon l’Organisation mondiale de la Santé, en date du 6 juillet 2014.